mardi 27 septembre 2016

Narendra Jadhav - "Intouchable, une famille de parias dans l'Inde contemporaine"


Dans ce livre, Narendra Jadhav raconte surtout l'histoire de ses parents, puis un peu la sienne. J'ai trouvé formidable que le récit soit formulé à la première personne, représentant alternativement son père ou sa mère.

Ils ont connu le système des castes et malheureusement sa famille est issue de la plus basse, les Intouchables, encore moins bien considérés que des animaux. J'ai découvert à quel point la population pouvait être cruelle contre elle-même. La religion hindoue divise encore plus le peuple.
Le père était un travailleur acharné, touché plusieurs fois par la malchance et malgré tout, il n'a pas baissé les bras, même si parfois il était à deux doigts de craquer. Sa femme, qui ne l'a pas choisi comme c'est la coutume, mariée avant la puberté, l'a soutenu du mieux qu'elle a pu. Elle est également extraordinaire à sa façon, n'a reçu aucune éducation scolaire.

Grâce à cette histoire, on apprend comment s'est déroulée la mutation profonde de l'Inde, le soulèvement des Intouchables grâce au mouvement de Babasahed Ambedkar, qui a dû faire face à Gandhi. Et puis, même si ce système a été aboli depuis plus d'un demi siècle, l'idée d'origines différentes, plus ou moins nobles, perdure. Dans l'esprit de certaines personnes, un Intouchable ayant fait des études, occupant un poste honorable, reste un Intouchable...

Au-delà du côté documentaire, cette (auto)biographie est un témoignage d'amour : celui qui est né entre des parents au départ complètement étrangers (heureusement, ils se sont bien trouvés!) et celui d'un fils pour ses parents.
Faire "parler" ses parents pour rapporter leur histoire est un coup de maître! Merveilleusement bien écrit. Très accrocheur!

lundi 26 septembre 2016

Challenge ABC 2016

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Proposé par Nanet sur Livraddict.

Résumé de ce challenge :
- un auteur par lettre, un minimum de 5000 pages
pour l'ensemble des livres
- un minimum de 5 catégories différentes est demandé pour valider l'inscription (un classique, une nouvelle, un auteur étranger, un livre en fantasy, un en SF, un roman, un thriller...)

J'ai choisi l'option A.
A comme Aléatoire : Vous avez la possibilité de ne pas fixer votre liste.

Voici ma liste :

Abrams J.J. et Dorst Doug, S. - 473 pages - livre-objet 
Bléval Pascal, Le chant de l'arbre-mère - 259 pages - SF 
Collins Suzanne, Hunger Games tome 3 - 416 pages - SF
Debats Jeanne-A, La vieille anglaise et le continent - 384 pages - nouvelles
Easterman Daniel, K - 500 pages - SF
Fitzek Sebastian, Le briseur d'âmes -266 pages - thriller
Gerkens Danièle, Zéro sucre - 402 pages - autobiographie
Huyghues Caroline, Cupidon, tête de con - 219 pages - autobiographie
Indridason Arnaldur, Betty - 236 pages - thriller
Jadhav Narendra, Intouchable, une famille de parias dans l'Inde contemporaine - 380 pages - autobiographie
Khadra Yasmina - 327 pages - contemporain
Ligny Jean-Marc, Aqua TM - 728 pages - SF
Malzieu Mathias, Journal d'un vampire en pyjama - 240 pages - autobiographie
Nodet-Gayral Fanny, Le début des haricots - 162 pages - contemporain
Ólafsdóttir, Audur Ava, Rosa candida - 333 pages - contemporain
Pavloff Franck, Matin brun - 12 pages - nouvelle
Qiu Xiaolong, La bonne fortune de monsieur Ma - 60 pages - nouvelle
Resnick Mike, Kirinyaga - 325 pages - SF
Simon Chris, Memorial Tour - 149 pages - contemporain
Teulé Jean, Héloïse, ouille! - 309 pages - roman historique
Upfield Arthur, Un écrivain mord la poussière - 286 pages -polar
de Vaujany Didier, Le korrigan ferrailleur - 70 pages - fantasy
Wargnier Corinne, C’est ainsi que la vie s’est arrêtée - 212 pages - contemporain
X - Anonyme, Le livre sans nom - 509 pages - thriller
Yousafzai Malala, Moi, Malala - 424 pages - autobiographie
Zamiatine Eugène, Nous autres - 229 pages - SF

Nombre total de pages lues : 7912 / 5000
Nombre de catégories lues : 5 / 5 (thriller, SF, nouvelle, contemporain, autobiographie)

Drive : ICI

mercredi 21 septembre 2016

Malala Yousafzaï - "Moi, Malala"


Dans cette autobiographie, Malala raconte le quotidien des habitants du Swat, une région du Pakistan, bien loin de la réalité occidentale. Aux côtés de son père, elle lutte depuis son plus jeune âge pour l'accès à l'éducation pour tous, notamment pour les filles.

J'ai découvert l'histoire du Pakistan, l'apparition des talibans, le ressenti de la population face aux incursions des américains qui ont chassé Ben Laden, la survie dans une contrée victime des attentats.
Ce livre est vraiment très riche en enseignements. Je me suis rendue compte que nos journaux parlaient très peu de ce qui s'y passait, alors que cette actualité mériterait d'être médiatisée.
Le fanatisme des talibans fait froid dans le dos. Pourquoi déformer le Coran en une vie sans aucune liberté? Pourquoi vouloir interdire le bonheur?
Cette jeune fille dérangeait, aussi elle a été victime d'un attentat, touchée d'une balle en pleine tête.

Depuis ce livre, Malala a reçu le prix Nobel de la Paix.

vendredi 2 septembre 2016

Daniel Easterman - "K"


Alors que l'Allemagne nazie cherche à faire capituler le Royaume-Uni, les Etats-Unis sont dirigés par le Klu Klux Klan. Certains politiciens souhaitent établir une alliance entre ces deux organisations. L'Angleterre envoie alors un espion de l'autre côté de l'Atlantique pour faire échouer ce plan.

"K" est la première uchronie que je découvre. L'auteur dépeint très bien une société américaine sous le joug du Ku Kux Klan, calquée sur le nazisme, avec des idées originales notamment le parquage des noirs et catholiques dans des camps. J'ai été plongée dans cette ambiance noire, où la peur est omniprésente, les familles déchirées, etc.

Vu le contexte, la brutalité est souvent narrée. Certaines scènes de cruauté sont difficiles à encaisser, mais permettent un plus grand réalisme. Et au moins, tout n'est pas prévisible.
Parfois, la naïveté des personnages m'a énervée et je pense qu'elle ne colle pas avec la suspicion générale que doivent suivre les membres du gouvernement ou les résistants. En fait, il existe pas mal de points qui manquent de crédibilité, ce qui est selon moi la grande faiblesse de ce roman.

Enfin, j'ai trouvé le récit percutant, mais moyennement aimé le style d'écriture de Daniel Easterman. Je ne saurais dire précisément pourquoi. Peut-être un peu trop brut, pas assez bien tourné?